10.10.2006
Orlando
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Tome 1
Nouvelle extraite du recueil « Les Contes à dormir debout » publiés aux Editions des Mille et une Vies.
PARIS
Préface de Françoise-Irmine Royan
Les héros de d’Orlano portent tous en eux cette blessure existentielle,
ces relents d’angoisse, de forfaiture, de convoitise et de fureur de
vivre que nous connaissons tous sans toujours les admettre et sans
lesquels, peut être nous ne trouverions aucun goût à la vie. Et c’est
ce qui en fait la tragique grandeur. Histoires à tiroirs inspirées de
fait réels ou imaginaires, l’auteur nous entraîne dans un monde étrange
où, rêves et réalité se côtoient pour générer une nouvelle vision du
vécu quotidien.
Arnoldo Mondatori Editore -2006-
ISBN : 1-541075-07082006- ( Edition complète ) Tome 1
( Edition originale : Arnoldo Mondatori, Venezia )
Fantôme où es-tu ?
Depuis le temps qu’elle entendait parler de cette maison hantée,
Lady Ariane d’Ambrussum, descendante directe (mais déboutée) du Marquis
de Rochemaure, Seigneur d’Ambrussum, dont le château fût pillé et
incendié durant la révolution, Aria donc, pour les intimes, provençale
rhodanienne dans l’âme à l’accent ensoleillé du midi, ne résista pas à
l’envie de faire un reportage photo pour montrer cette curiosité
locale sur le forum de son site internet.
D’ailleurs, elle avait même des amis qui étaient rentrés à l’intérieur et qui avaient eu la peur de leur vie, comme elle disait et qui jamais n’y retourneraient. Elle avait bien ri à ces propos, comme elle savait si bien le faire pour cacher ou accentuer son extrême sensibilité, c’était un rire volontairement exagéré à la fin par un borborygme étranglé, parfois accompagné d’une tape dans le dos, histoire de dire ma foi, que sur cette terre nous sommes tous des potes-mon-frère-quelle galère…
D’une curiosité naturelle elle les avait bien questionnés, mais ils lui avaient répondu qu’ils ne souhaitaient pas s’étendre sur le sujet et d’ailleurs qu’il y avait quelques ouvrages à ce sujet à la médiathèque et qu’elle pouvait les consulter.
Les prises de vue étaient satisfaisantes, on voyait derrière deux chevaux en liberté, une vieille construction abandonnée aussi grise qu’un cendrier rempli de vieux mégots et qui, comme tout édifice délabré n’inspirait guère confiance. Cela faisait longtemps qu’elle faisait partie du décor et personne ne souhaitait savoir ce qu’il se passait réellement derrière les volets tirés. De retour chez elle encore toute tremblante de son exploit elle expliqua à ses amis forumers dubitatifs que cette bâtisse était donc hantée et que les deux chevaux étaient toujours dans les parages depuis des années bien que personne ne leur donna à manger... Mais ceci ne convainquit pas grand monde et son caractère têtu lui fit décider d’aller réellement voir ce qu’il se passait dans cette maison, bien décidée à prouver ce qu’elle avançait.
Elle prévint son compagnon
qui la traita évidemment de semi-dingo, ainsi que ses enfants qu’elle
allait faire des photos de nuit et attendit le soir, les fantômes
apparaissant plutôt la nuit. Armée d’une torche électrique et de son
appareil photo numérique elle se rendit à la propriété abandonnée,
après avoir embrassé ses petits, son compagnon étant affalé sur un
canapé en cuir vert devant la télé comme tous les soirs et ne
remarquant même pas son départ.
Elle pris sa voiture blanche, une Citroën C3 et du haut de sa colline
se rendit non loin de là, à l’Ouest du village, se gara tant bien que
mal dans un chemin entre des bosquets épars et termina à pied en
pleine nature vers la propriété qui était à proximité du fleuve côtier
Le Vidourle, craint pour ses crues violentes.
Peut
être était-ce une des raisons de l’abandon de cette masure, peut-être y
avait il eu aussi des noyés pauvres victimes innocentes des Vidourlades
assassines des siècles derniers…
21h30 : La nuit commençait à tomber, les chevaux sauvages n’étaient pas là, elle se faufila entre les pierres de l’enclos écroulé du fait des inondations, progressa sur un tas de limons et branchages éparpillés et pu enfin pénétrer sans difficulté dans la maison déserte. Le rayon de sa lampe de poche lui fit découvrir dans le grand hall d’entrée un vieil escalier en bois qui semblait monter dans les hauteurs de la bâtisse. Elle se dit que de l’étage ce serait un bon poste pour observer la plaine et ses vignes aux alentours et surveiller ainsi tout mouvement. Légère comme une plume de par ses régimes nutritionnels excentriques, elle n’eut aucun mal à atteindre le niveau malgré des marches très détériorées. Elle choisit une pièce ancienne, jadis une chambre avec les restes d’une cheminée dans un coin, qui lui parut correspondre et alla s’asseoir sur le parquet prés d’une fenêtre. A travers les vitres déformées et drapées de toiles d’araignées, elle dominait à peu prés le paysage qui s’obscurcissait de plus en plus, elle ouvrit un vantail de la fenêtre pour dégager les volets, heureusement une lune blafarde se levait dans le ciel bleu profond d’une nuit étoilée d’été, donnant une légère clarté. Au loin elle distingua l’arche d’un vieux pont Romain qui permettait aux usagers de la Voie Domitienne, d’enjamber le Vidourle. Elle avait toujours beaucoup de mal à parler de ces vestiges de l’antiquité dont le nom lui rappelait son père, Romain, qui l’avait lâchement abandonné à sa naissance et ne l’avait jamais reconnue.
22h15 : Vêtue d’un jean cigarette bleu ciel, elle s’assit en tailleur les bras croisés sur ses genoux et se mit à attendre patiemment. Elle commença à penser aux histoires de fantômes qu’on racontait dans le pensionnat disparu de son enfance et dont l’évocation était interdite par les chères bonnes sœurs censées se charger de son éducation. On disait que les esprits des morts perdaient peu à peu de leur vitalité, qu’ils maigrissaient, rapetissaient, se faisaient de plus en plus petits, pour finalement disparaître complètement, comme une trace, une empreinte dans du sable qui finit par se fondre avec le sol. Il y en avait d’autres qui paraissaient très réels et qu’on pouvait voir en plein jour, seul un œil exercé pouvait observer un léger balancement de gauche à droite comme un ballon d’enfant qui tangue, évidemment le corps était décollé du sol d’environ vingt centimètres, mais cela n’était pas flagrant au 1° regard, du reste le fantôme disparaissait soudainement, aussi vite qu’il était apparu. Une fois, en allant se promener elle en avait aperçu un, qui était accoudé à la passerelle enjambant l’autoroute prés de chez elle et qui semblait regarder avec fascination tout ce trafic de véhicules, elle le vit très distinctement se faire aspirer par une voiture rouge décapotée conduite par une jeune femme aux longs cheveux châtains clairs, il s’assit à coté d’elle et Ariane les vit disparaître sur le ruban bitumineux à l’horizon, elle n’eut que le temps de voir l’immatriculation du véhicule, 1954 RFE 30.
23h28 : Lady Ariane commença à s’assoupir, la tête posée sur ses bras comme une enfant, ses longs cheveux souples l’enveloppant comme une écharpe rassurante et réconfortante, elle se sentait plutôt courageuse, elle qui pourrait comme chaque soir être bien à l’abri chez elle, réfugiée derrière son écran d’ordinateur, à fumer comme un pompier, pourquoi était-elle ici, qu’avait t’elle à prouver et à qui ? Avant, jamais elle ne se serait risquée à venir ainsi, seule la nuit, on ne plaisante pas avec les fantômes.
Dehors elle entendit par la fenêtre entrebâillée le bruissement des feuilles des arbustes et le chuintement régulier du fleuve, un peu d’air pénétrait dans la pièce, un avion passa sans bruit très haut dans le ciel ses clignotants rouge et vert en activité, d’où venait-il, ou allait-il ? Elle pensa à l’époque où les gens du pays avaient fait une relation entre le passage de comètes et les inondations catastrophiques de 1812, 1858 et 1933, jetant la désolation sur le territoire des communes de Gallargues, Aimargues, Le Cailar et Saint-Laurent-d'Aigouze. Au loin un chien aboya longuement et son écho se perdit dans la bâtisse vide. Un craquement la fit sursauter, comme un tic-tac ou un grattement sur le parquet, prestement elle allume sa torche et fait le tour de la pièce, non, il n’y a rien ni personne, tout juste elle remarque que la porte vermoulue s’est refermée tout doucement sans un son. Elle éteint sa lampe mais le bruit recommence, semblant venir de l’extérieur, ou bien était-ce en elle-même ? Soudain elle entend un hennissement, et des ombres furtives apparaissent dans le fond de la propriété. La lune fit alors refléter le torse luisant de 2 puissants chevaux, ceux-la même qui vagabondaient habituellement étaient donc revenus, mais curieusement ils semblaient transformés, comme épanouis, en pleine forme, jeunes et fougueux, la crinière épaisse et longue…Sur l’un d’eux il lui sembla apercevoir une silhouette, sorte d’ersatz plus sombre que la nuit, au loin la cloche d’une église sonna minuit…
Minuit sept :Lady Ariane ne voit plus les chevaux qui ont du se faufiler quelque part, où sont ils ? Simultanément elle entend cette fois très distinctement un pas qui semble venir de l’escalier…à chaque marche elle se recroqueville dans l’angle de la pièce son APN et sa torche électrique en main, sur son téléphone portable elle a déjà pré-composé le numéro de la police, il n’y a qu’une touche à appuyer pour hurler « au secours, à l’aide, un fantôme m’attaque… » Elle se sentit comme une naufragée sur une île déserte et entourée de requins. Mais qui aurait le temps de venir la sauver à pareil endroit et à cette heure avancée de la nuit ? Elle prit conscience du caractère intrépide de son expédition et de l’inconscience de son compagnon à la laisser sortir, frêle petit bout de femme perdue dans la nuit et le temps, à la recherche d’un fantôme, d’une illusion, d’une chimère…
Le plancher se met à craquer maintenant et comme par hasard semble se figer devant la porte de cette satané pièce…Un léger courant d’air lui indique que la porte est entrain de s’ouvrir lentement, elle se relève alors, prête à sauter par la fenêtre, puis d’un coup allume sa torche. « Qui est là hurle t’elle ??? » Dans l’embrasure de la porte apparaît alors dans le faisceau lumineux la silhouette d’un homme aux longs cheveux châtains foncés, dénoués sur une cape de tissu noir qui semble constater d’un air étonné la présence d’une femme à un endroit aussi incongru et en pleine nuit. De sa moustache qui semble provenir d’une autre époque elle entend « Eh bien ! Une présence féminine à cet endroit à une heure pareille ! Mais que faîtes-vous ici belle dame ? ! »
Lady Ariane pétrifiée voit alors l’homme s’approcher, d’un mouvement il allume une bougie pour mieux la discerner, puis un sourire illumine son visage, « mais vous êtes ravissante, que me vaut l’honneur d’une telle visite ? êtes-vous sans domicile comme moi ? Eh oui, voyez-vous en attendant de trouver un logement, me voici obligé de dormir dans cette ruine, mais vous ?? »…
Ariane se détendit alors et lui expliqua en bredouillant, qu’en fait elle faisait un jeu idiot et qu’elle avait parié qu’elle prendrait en photos le fantôme qui hantait cette maison . L’homme partit d’un grand éclat de rire et la rassura « vous savez, si c’était le cas je le saurai, je dors ici depuis le 7 Août et je n’ai rien vu ni entendu ! » Ce faisant il posa la bougie sur une soucoupe au sol et en profita pour poser sa guitare qu’il avait en bandoulière.
Elle
le regarda étonnée, « ah oui, dit il en attendant de trouver un travail
je joue le soir devant les cafés de Lunel ou de Vergèze ça m’aide à
survivre en quelque sorte.. » D’ailleurs, si vous voulez je vais vous
jouer quelques unes de mes compositions pour vous détendre… Ariane se
disait que cet individu était entrain de tout gâcher et que si fantôme
il y avait, il n’était pas prêt de se montrer maintenant, mais dés les
premières notes elle se sentit en confiance, comme fascinée par cette
musique romantique aux sons étranges venus d’ailleurs. Il se mit à
chanter dans une langue qu’elle ne comprenait pas, mais qui était
chaude, mélodieuse et passionnée, elle cru reconnaître des intonations
latines, peut-être bien de l’italien ? Elle perçut quelques bribes :
« Dove andiamo ? » , « Sara per te »…
En l’observant elle se dit
qu’il était plutôt beau, sans âge et surtout que son regard bien
vaillant vert-bleu était quasi-hypnotique. Ils se regardèrent dans les
yeux et
elle
eut l’impression qu’il lui transperçait l’âme, subitement elle eût la
sensation de le connaître depuis toujours. Dans sa tête, des images
défilèrent venues de nulle part, promenades sous le soleil dans une
forêt prés d’un fleuve qu’elle ne connaissait pas, monuments et feux
d’artifice mélangés à un bal féerique sur une place d’un quartier très
ancien, flashs-back de manéges tournoyants et virevoltants, cris joyeux
d’enfants…une douce somnolence commençait à l’envahir, elle était comme
un cosmonaute qui flotte dans l’espace avec l’aisance d’un flocon, elle
se sentait bien, si bien même qu’elle finit par s’endormir.
Des chants d’oiseaux la réveillèrent, le jour commençait à poindre mais
le troubadour avait disparu, ou pouvait t’il bien être ?
Elle redescendit au rez-de-chaussée de la bâtisse pensant le trouver, il n’y avait personne. Elle le chercha partout, mais en vain. Dehors les chevaux avaient disparus aussi, elle crut discerner au loin le bruit de galops, mais elle n’en était pas sûre. Le soleil fit subitement son apparition et elle se dit qu’il était temps de rentrer chez elle.
Arrivée à sa maison elle se fit chauffer son litre et demi de café comme chaque jour, se précipita sur un paquet de Gauloises blondes et se mit à réfléchir à tous ces évènements. Son compagnon descendit un moment après, n’ayant apparemment pas remarqué que sa compagne ne fût pas rentrée de la nuit, il lui dit simplement bonjour en constatant qu’il faisait beau dehors. De toutes façons elle se fichait éperdument de ce qu’il pouvait penser, dire qu’il n’avait jamais voulu se marier avec elle, tout comme de son premier mari d’ailleurs, qu’elle avait passablement trompé, c’était sa manière à elle, certainement inconsciente, de faire payer aux hommes l’abandon dont elle avait été victime dés sa naissance. D’ailleurs elle avait toujours fréquenté des hommes bien plus âgés qu’elle, ceci expliquant cela. Ironie ou acharnement du mauvais sort, elle, qui avait passé son enfance et son adolescence seule, ne voyant que rarement une demi-sœur avec qui elle s’était fâchée d’ailleurs, se retrouvait après le divorce avec son 1° mari, séparée de sa fille et de son fils , qu’elle aimait tant…quand elle y pensait, des larmes de tristesse perlaient dans ses beaux yeux bleus, perdues comme des voiliers en dérive sur la méditerranée de son existence.
Après que sa voisine fût passée prendre ses jeunes enfants, qu’elle trouvait si « mimi » pour les emmener à l’école, elles se partageaient cette obligation en alternant chaque semaine, elle se décida alors à téléphoner aux amis qui étaient rentrés dans la maison hantée pour leur raconter sa nuit.
Au début, ils ne la crurent pas, la connaissant peureuse et méfiante de nature, mais à la description du baladin guitariste il y eut tout de suite un silence pesant…ses amis lui dire alors, « mais enfin Aria on t’avait prévenue de ne jamais aller dans cette propriété, tu n’as donc pas été à la médiathèque lire l’ouvrage qui lui est consacré ? » Elle répondit que non et que de toutes façons, depuis toute petite elle était allergique à toute forme d’enseignement et que ce n’était pas à son age qu’elle allait commencer…
Grands Dieux ! s’écria son
ami au téléphone, si tu avais jeté un œil sur cet ouvrage tu aurais
appris que le fantôme en question, Orlando , Archiduc de Bologne,
arpente toutes les nuits la région sur son majestueux destrier blanc «
Occitan de l’Or » et que la femme pour qui il joue spécifiquement de la
guitare est condamnée à penser à lui jusqu’à la fin de sa vie et sais
tu pourquoi ?….Euh…non, balbutia t-elle… Eh bien, selon la légende il
élirait en quelque sorte domicile dans l’âme de son élue et le fait de
voir le regard amoureux de cette femme lui fait conserver une apparence
de jeunesse et le fait vivre éternellement, c’est un fantôme qui a
besoin du regard d’une femme, en échange, celle-ci se trouve subitement
embellie….Ma pauvre si tu l’a vraiment vu et croisé du regard, tu es
condamnée à vivre éternellement avec son souvenir et son image comme
cette femme qui essuya le visage du Christ lors de son chemin de croix
et qui passa sa vie avec le tissu comme si c’était le Seigneur en
personne…
Orlando serait né un 23 Octobre 1454 d'une relation amoureuse
entre son père, San Piero da Vinci, notaire de la république, d'une
riche famille de notables italiens et sa mère, Huguette une humble
fille de paysans, dans le petit village Toscan d'Anchiano à 2km du
village de Vinci, 80km de Florence et 50km de Pise en Italie. Il
choisit toujours ses muses parmi les personnes modestes, c’est sa
manière à lui de remercier sincèrement une vie exceptionnellement
chanceuse, de rendre hommage à la beauté d’âme de femmes courageuses et
ainsi donner un peu de bonheur et de joie à celles qui en ont
cruellement manqué.
Elle se mit à rire de bon cœur ! Ben voyons ! penser que cet homme avec qui elle était si bien d’ailleurs, pouvait être un fantôme ! on a beau finir par ressembler à ses amis à force de les côtoyer, là, elle ne les suivait pas, non, ça ne tenait pas debout ces histoires ! elle prit congé d’eux et en riait encore tellement aux larmes que du rimmel avait légèrement coulé sur son visage, elle s’approcha de son miroir pour y remédier et vit dans ses grands yeux bleus comme une lueur au fond de ses pupilles, d’une intensité qu’elle ne se connaissait pas…Elle eût un premier réflexe de recul, puis se rapprocha à nouveau lentement…un sourire énigmatique se dessina alors sur son visage épanoui, elle se trouva subitement belle et un sentiment de bonheur infini s’empara d’elle au moment où une guitare qui lui sembla venir du fond de son cœur se mit à battre la chamade…
A ce moment la sonnerie du téléphone se mit à retentir, c’était son amie d’enfance, Isabellou, qui l’appelait. Tu sais quoi ? lui fit-elle, je viens d’avoir un coup de fil de Francis, il m’a raconté la manière dont ils t’ont fait marcher pour cette histoire de fantôme ! tu sais, c’est un peu comme l’Arlésienne, on en parle beaucoup, mais personne ne l’a jamais vraiment vu ! je t’appelais pour te dire que c’était simplement un canular, et je ne trouve vraiment pas sympa de leur part de t’avoir fait passé de ce fait une nuit blanche dehors. Lady Ariane d’Ambrussum la remercia en lui disant qu’elle n’avait pas été dupe.
Prise malgré tout d’un doute,
l’après midi même elle se rendit à Lunel et à Vergèze en quête de ce
chanteur-guitariste, mais elle eu beau interroger tous les patrons et
serveurs de restaurants et cafés des villages, personne n’avait jamais
vu ni entendu ce personnage….
Interloquée, titubant presque et ne sachant plus quoi penser elle
se dit qu’il fallait absolument qu’elle le retrouve coûte que coûte,
pour ça elle était prête à faire des recherches tous azimuts, enquêter
dans la région et au-delà même s’il le fallait, fouiller sur internet,
remuer terre et ciel, se remettre à la lecture dans les
bibliothèques pour trouver qui était cet Orlando dont elle sentait
maintenant la présence au tréfonds d’elle-même….Avait t’elle rêvé cette
nuit là, n’était-ce qu’une illusion ? au loin elle entendit un long
hennissement de cheval sauvage en écho à ses pensées, il faisait beau,
chaud, le soleil brillait de mille feux et cette fois-ci la belle au
marais dormant pouvait enfin mettre un visage sur ce prince charmant,
ce roi mage, ce frère, ce père, ce fantôme qu’elle poursuivait
inlassablement depuis sa plus tendre enfance sans le savoir…
Achevé d’imprimer en Décembre 2006
sur presse Hewlett-Packard
dans les ateliers de Saint-Germain
pour le compte des Editions Robert Laffont
6, Place Saint-Sulpice, 75006 PARIS
Note de l’éditeur :
Toute ressemblance avec des fantômes existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
Dépôt légal : décembre 2006
N° d’Edition : 05-08-1958
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